L’accès simplifié à la pilule du lendemain : quels retours ?

Depuis le 28 mai dernier, l’accès à la pilule pour les élèves du collège et du lycée est simplifié.

Auparavant, les élèves concernées devaient se trouver en situation de « détresse caractérisée » et effectuer un entretien avec l’infirmière pour espérer obtenir la pilule du lendemain. Ce n’est désormais plus le cas.

Si la pilule du lendemain doit être distribuée gratuitement, anonymement et sans ordonnance en pharmacie (pour les mineures et étudiantes), la réalité est tout autre. Un reportage récent sur France 4 montrait d’ailleurs que beaucoup de pharmaciens rechignaient à la donner, entre refus catégoriques et mises en garde injustifiées.

De ce fait, l’infirmerie scolaire, de par sa proximité et la suppression des freins à l’obtention de la pilule du lendemain, semble destinée à devenir le lieu privilégiée des adolescentes nécessitant l’accès à la contraception d’urgence.

Ce « libre accès » à la pilule du lendemain a été bien accueilli par beaucoup, mais suscite également des réactions de suspicion et de crainte.

Alors que peut-on retenir de ces réactions ? Bonne chose ou mauvaise chose ?
Nous avons décidé de peser le pour et le contre, afin de vous éclairer et de vous faire votre propre avis.

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 Oui, l’accès simplifié à la pilule du lendemain est une bonne chose

Auparavant, il était difficile pour les jeunes de franchir ne serait-ce que le pas de la porte de l’infirmerie. Parce qu’elles savaient qu’elles allaient s’exposer à un questionnaire pour prouver leur besoin avant d’être réorienté vers un professionnel de la santé.
Qui plus est, l’infirmière scolaire se retrouvait bridée, ne servant que d’intermédiaire.
Désormais, l’accès est simplifié pour les jeunes filles et l’infirmière tient un rôle plus important, notamment d’écoute et de conseil. Cela leur permet en outre de pouvoir déceler plus facilement des situations graves, comme les violences sexuelles.

Les infirmières vont alors pouvoir donner la pilule du lendemain sans avoir à passer par un intermédiaire supplémentaire, le lien sera exclusif entre elle et l’élève. Cela va permettre de développer une relation de confiance et va faciliter l’accès aux élèves qui sauront que la seule personne au courant de leur situation sera leur infirmière et personne d’autre. On peut donc penser que certaines élèves dans le besoin vont pouvoir aller au-delà de leurs peurs et parfois de leur honte.

Au-delà de cela, on peut considérer cette modification comme une revalorisation de la profession d’infirmière, puisque les infirmières décideront d’elles même de distribuer la pilule du lendemain.
Et la notion de conseil et d’écoute qu’elles apporteront pourra apporter une dimension supplémentaire à leur travail.

Non, l’accès à la pilule du lendemain ne doit pas être facilité

Certes, le sujet peut être difficile à aborder pour ces jeunes filles, voire même être tabou, notamment dans leur famille.

Mais faciliter l’accès à ce point, c’est-à-dire sans suivi médical et dans l’anonymat le plus complet, n’est-ce pas banaliser la prise de ce médicament censée être exceptionnelle ?

Ces jeunes filles ont-elles conscience que la pilule du lendemain n’est pas destinée à un usage fréquent mais la conséquence d’un « accident » à ne pas reproduire ? Que la pilule du lendemain n’est pas un moyen de contraception régulier mais une garantie complémentaire en cas de faille de ce dernier ?
Il peut y avoir une tendance à déresponsabiliser l’acte sexuel, plutôt que de pousser ces demoiselles à comprendre le fonctionnement de leur corps.

Et une fois de plus, on ne peut que constater que cette solution qui peut être qualifiée de facilité va avoir tendance à « guérir » plutôt que de « prévenir ». On prend le risque de laisser ces jeunes femmes s’éduquer seule en proposant une solution qui n’en est pas une, sans parler de la contradiction entre le combat contre les maladies sexuellement transmissibles et l’accès à la pilule du lendemain qui est tout sauf une réponse à cela.

 

Comme vous pouvez le constater, la pilule du lendemain peut amener bien des réponses mais aussi des questions. Il n’en demeure que cette dernière, si elle permet à nombre de jeunes filles et de femmes de se sortir de situations délicates, ne peut être la solution miracle et que c’est en amont qu’il faut travailler pour faire en sorte que sa prise reste exceptionnelle.

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