Un infirmier…

04 sept 2008

Survivre à l’hôpital: les étiquettes.

Publié par: Thomas Dans: A l'hôpital

Bon. Vous savez vous tenir correctement avec une tasse de café, vous maitrisez le concept d’étage, c’est bien. Mais si vous ne collez pas d’étiquettes, vous ne servez à rien.

Entendons nous bien: Quand un patient est hospitalisé, on se fout qu’il sache nous donner son nom, son prénom et sa date de naissance. Ce qu’on veut c’est voir son ETIQUETTE. Pour ceux qui ne connaissent pas, allez chez Super U. Cherchez la mimolette extra-vieille. Qu’y a t’il sur le plastique? une étiquette? Voila. A l’hôpital c’est la même étiquette, avec son code barre, son numéro mystère et l’identité qui va avec.

On apprécie tellement les étiquettes à l’hôpital qu’on en colle partout. Sur les dossiers, sur chaque feuille du dossier, sur les tubes d’examen, sur les boites à dentier, sur les sacs poubelle et sur les avant-bras des infirmiers.

Toi, externe guillerette, qui as rédigé une demande de scan de ta main appliquée, qui as consciencieusement rempli toutes les cases sans inventer le chiffres de créat’ et qui pousse en sifflotant mamie sur son fauteuil vers la radiologie, as-tu pris des étiquettes? non? Et ben c’est mort. Jamais mamie n’aura son scan, jamais. Et tu devras de retaper les 6 étages, avec ou sans mamie, en fonction du degré de pitié que la manip’ radio sera capable de ressentir. Parce que le personnel hospitalier à très vite tendance à perdre le sens de l’humour devant une quelconque absence d’étiquette. Au même titre que « marcher dans le mouillé » est gage de gros soucis à venir, demander un examen sans étiquettes expose à de grandes désillusions.

Vous, les étudiants infirmiers, ne rigolez pas trop, parce qu’un jour, vous enverrez un bilan biologique sans étiquettes, et PIRE, un jour vous ferez descendre un patient au bloc en les oubliant. Et là, quand vous aurez au bout du fil une Infirmière de Bloc en manque, vous commencerez enfin à comprendre à quel point il ne faut pas déconner avec les étiquettes.

Un jour, devant mon incapacité totale à comprendre la différence entre des informations manuscrites et une p…. d’étiquette, on m’a répondu: « nan mais tu vois, une étiquette c’est quand même plus carré. » J’ai trouvé cette phrase d’une grande beauté formelle, et je ne me prive pas de la ressortir régulièrement en guettant avidement l’expression de mon interlocuteur.

[Le mot étiquette est répété environ 235 fois dans ce texte, ce qui le rend si particulièrement aérien. Si après ça vous oubliez encore de les coller je ne peux plus rien pour vous...]

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16 Responses pour "Survivre à l’hôpital: les étiquettes."

1 | Severine

4 septembre 2008 à 22 h 54 min

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Carré ?

Vos étiquettes ne sont pas rectangles ?

2 | nath

4 septembre 2008 à 23 h 27 min

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toi, je t’adore!!!!!

3 | Millie jolie

5 septembre 2008 à 1 h 15 min

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on arrive même à en coller sur les doudous des prématurés… Jecrois même que si cela étais possible certaines de mes collègues en collerait sur le bébé ( pour l’instant c’est sur le bracelet d’identité) mais on ne sait jamais. L’étiquettite aigue a de drôle d’effets secondaires.

4 | El_enfermero

5 septembre 2008 à 10 h 08 min

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i lol’ed

5 | insolite85

5 septembre 2008 à 11 h 33 min

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Ah ton interlocuteur aurait dû te dire que les étiquettes à code barre c’est la rançon du Système d’Information Hospitalier, le fameux SIH !
Il existe même des hôpitaux où au service des urgences on met, non pas une étiquette, mais un bracelet électronique aux patients pour le suivi du cursus de leur prise en charge…
Bonne continuation Thomas :)

6 | Tit'ingé

5 septembre 2008 à 18 h 49 min

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Et pensez aussi à ceux qui conçoivent, mettent en page et collent les fameuses étiquettes de traçabilité, en 624 exemplaires, sur les dispositifs médicaux…

7 | flo

5 septembre 2008 à 19 h 45 min

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Excellent! Il faudrait aussi faire un article sur l’aventure que c’est d’imprimer ces maudites étiquettes (pas de code valide, problème d’imprimante, feuilles dédiées introuvables…)
flo

8 | Céline

6 septembre 2008 à 0 h 19 min

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Excellent, cela pourrait être rigolo d’imaginer l’inverse également. Retrouver un jour une étiquette « viande hachée » sur un patient et un « problème aux reins » sur un gigot…
Une inversion est si vite arrivée.

9 | laura une ide de réa

6 septembre 2008 à 11 h 55 min

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Bravo bien résumé!! C’est ça! Maintenant je penserai a ton texte à chaque fois que je collerai ma séries d’étiquette sur le bras..lol

10 | Corinne

6 septembre 2008 à 13 h 52 min

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hé hé je suis une étudiante infirmière et je rigole car qui est-ce qu’on envoie porter les étiquettes lorsqu’elles ont été oubliées ? hein ? c’est qui ?
Je suis aussi une ancienne aide soignante, lol et qui c’est qu’on envoie quand il n’y a pas d’étudiant(e) infirmière dans le service, hein ? c’est qui ? lo
merci pour ce moment tellement réaliste

11 | Rrr

7 septembre 2008 à 17 h 42 min

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Je l’ai déjà dit, je le répète, je ne m’en lasse pas : tu décris l’hôpital avec brio.
A chaque article, à chaque fois, ma tête tourne en boucle sur « Sooooooooo truuuuuuuuue ! »

Merci encore.

12 | Thomas

8 septembre 2008 à 19 h 21 min

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> insolite85: vi vi, simplement dans mon hôpital (enfin, mon ancien hôpital) il devait y avoir un seul lecteur de code-barre, le reste c’était de la saisie manuelle, d’où mon incompréhension…

> Tit’ingé: Oui, je devrais te présenter une IBODE qui s’amuse à les décoller, vous vous entendrez bien!

>Rrr: Rhhhoooo! décidément! j’ai la pression maintenant! Mais venant d’une fille qui écrit les billets les plus drôles et fins que je connaisse, ça fait toujours aussi plaisir.

>A tous Merci pour tous ces commentaires! Avant je ne comprenais pas cette passion pour le « lâchage de coms » mais c’est vrai que ça fait plaisir…

13 | Tam

9 septembre 2008 à 11 h 30 min

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oh oui c’est tellement ça, bravo c’est très rigolo ^^ et tellement cuisant quand on oublie ces fameux étiquettes au début… « si vous n’avez pas le NIP je ne peux rien pour vous !!!!! » aaaaaaaaaaaah, externat de merde !!!! :-(

14 | Germainn

10 septembre 2008 à 23 h 34 min

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Mais c’est trop drôle ma parole ! Hop je te mets en favoris !

Tordant :)

Good job !

15 | Cess (externe)

21 septembre 2008 à 0 h 15 min

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J’ai beaucoup ri (intérieurement) quand je me suis fait engueulée par l’agent d’accueil parce que les externes pourraient quand même coller les étiquettes du service et les étiquettes patient sur la pochette kraft qui contient le dossier…

C’est dingue ce que ça m’a fait penser à ce billet !

Donc ce matin, vengeance : je n’ai même pas fait les pochettes kraft !

16 | waterman

7 janvier 2009 à 23 h 18 min

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Bravo pour cet article ! Ma femme est en formation au métier d’auxiliaire de puériculture, elle m’en raconte des pas mal sur les différentes approches de la relation au « patient »…

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