Un infirmier…

19 mai 2008

Je ne parle pas des aides soignants

Publié par: Thomas Dans: Général

…C’est pour ça que Phil n’est pas content.

En tout cas je suppose parce qu’il ne dit pas bonjour et attaque direct: « pas grand chose sur la collaboration avec les aides-soignant(e)s. pas assez qualifies? menu fretin? »

J’ai tenté de lui répondre directement mais l’adresse mail est fausse…

Alors j’en profite ici. Bon, déja, Phil, c’est mon blog, alors je fais un peu ce que je veux, c’est le principe. Mais cela dit, j’avais déja un brouillon sur ce sujet, je vais donc le finir.

Oui, Phil, je fais partie des infirmiers qui se font taper dessus par les docteurs et qui se vengent bassement sur le menu fretin. Je ne vois aucun intérêt à discutailler avec des gens qui n’ont pas fait les mêmes études que moi, par contre je gueule quand les médecins font pareil.

Maintenant que j’ai détendu l’atmosphère, allons y pour de vrai.

Définition du métier d’Aide Soignant: DISPENSER, DANS LE CADRE DU RÔLE PROPRE DE L’INFIRMIER, EN COLLABORATION AVEC LUI ET SOUS SA RESPONSABILITÉ, DES SOINS DE PRÉVENTION, DE MAINTIEN, DE RELATION ET D’ÉDUCATION À LA SANTÉ POUR PRÉSERVER ET RESTAURER LA CONTINUITÉ DE LA VIE, LE BIEN ÊTRE ET L’AUTONOMIE DE LA PERSONNE.

J’ai chopé cet extrait écrit par l’Association pour la Valorisation Et la Reconnaissance de la Profession Aide-Soignante.

Durant mes 4 ans de réa, je suis toujours parti du principe (qui marche aussi pour moi) que pour que les gens bossent bien, il faut les valoriser. La délégation de grosses parties de mon rôle propre aux aides-soignants ne m’a jamais posé le moindre souci, bien au contraire.

En réa, on ne tourne pas les patients seuls. Le binôme existe donc de fait. Je suis souvent à la tête, je ne vois donc pas ce qui se passe, j’ai donc besoin de professionnels qui sont capables de reconnaitre des stades d’escarre, de maitriser les postures, les soins d’un patient ventilé.

Dans mon ancien service, les AS savent masser, ventiler au masque, aspirer un patient. Ils participent au montage des circuits d’hémofiltration, et nous servent pour les pansements complexes. On doit tous compter les uns sur les autres, parce qu’en cas d’arrêt ou de désadaptation de la machine, peut importe qui fait les premiers gestes. De plus, quand on reste 10 heures sur 12 dans la chambre d’une torche, on est bien content d’avoir 2 AS capables de gérer en autonomie complète les soins d’hygiène d’un patient ventilé, les postures de A à Z. Donc ouais, le menu fretin ça peut servir.

Alors il y a des incompétents et des glandeurs, comme chez mes estimés collègues.

Maintenant, les choses qui fâchent. Ce mail est révélateur d’un état d’esprit de certains AS, qui sont en colère contre: les IDE, en général, colère qui confine parfois à la paranoïa. Des comme ça je m’en suis tapé pendant mes 3 ans et demi à l’IFSI et ça me gonfle. Parce que je n’y suis pour rien, d’abord, et parce que oui, à l’heure actuelle les AS travaillent sous la responsabilité de l’IDE, c’est comme ça. Les AS auront peut-être un jour un rôle propre distinct, tant mieux! Des abrutis d’IDE qui se font un petit plaisir en se vengeant de je ne sais quoi sur les AS il y en a, tout comme il y a des AS qui n’en branlent pas une. Mais moi j’ai juste besoin de travailler avec quelqu’un de compétent.

Plus le Diplôme d’Etat d’AS sera fourni, plus je serai content. Perdre l’exclusivité d’un acte technique quelconque, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre, pour reprendre une expression de notre ancien président. Maintenant, oui, ça reste deux diplôme différents. Je peux tout à fait concevoir qu’on souhaite rester AS, notamment pour rester au plus prêt du patient. Pour les autres: soit bougez vous pour faire évoluer votre diplôme comme l’association AVERPAS, soit changez de métier, mais ne venez pas me chauffer MOI, je n’y suis pour rien…

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4 Responses pour "Je ne parle pas des aides soignants"

1 | Patsy

19 mai 2008 à 18 h 38 min

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Hello!

Je suis nouvelle IDE et je m’entends super bien avec mes collègues AS! De plus, nous travaillons réellement en binôme. Mais c’est vrai que sur d’autres terrains de stage l’ambiance est plus tendue…

Bonne continuation à ton blog!

2 | Cess

19 mai 2008 à 22 h 30 min

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Bonsoir,

Je suis externe (ie étudiante en médecine entre la 4ème et la 6ème année), et ce genre de rapports, ce n’est malheureusement pas spécifique de la relation IDE/AS.

Malheureusement, des cons, il y en a partout : chez les médecins, chez les médecins, les internes, les externes, les IDE, les AS, les ASH, les cadres… et la liste est loin d’être exaustive.

Heureusement aussi qu’il y a des gens géniaux pour contre balancer les êtres qui nous tapent sur le système.

En tant qu’externe, on se fait chier dessus par beaucoup de monde (médecins, internes, IDE, les cadres infirmiers, au bloc par les IBODE, IADE, parfois les AS) parce que nous aussi on fait partie du menu fretin. Pourtant, à partir du moment où on est poli, consciencieux qu’on essaie de s’intégrer à l’équipe et qu’on considère les autres ça se passe souvent bien (sauf avec quelques rosses irrécupérables, mais bon). Keep smiling !

Félicitations Thomas pour ton blog et merci, c’est un vrai régal !

3 | laure

20 mai 2008 à 7 h 29 min

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salut, je suis ide de nuit et effectivement, c’est un vrai plaisir de travailler en binome avec les AS.
la nuit, on retrouve vraiment le sens du mot collaboration. je travaille en service de chirurgie ou de medecine avec entre 5 et 20 patients. et lorsqu’un patient reclame toute mon attention (l’interne m’avait demander ne surveillance par demi heure!), et bien l’AS me soulage bien et je délègue.

j’avais un petit peu peur (je suis jeune DE) de tomber sur un depassement des taches et de ne pas savoir comment faire pour dire aux AS : ah non avec moi, tu ne fais pas ça! (piquer entre autre!) mais finalement, elles connaissent bien leur rôle.

j’ai meme remarqué que de nuit, les AS sont plus détendue et ont plus de plaisir à travailler, voire parfois sont plus competente. mais après je pars dans la généralité! cela dit, elles m’ont bien guidé à mon arrivé au chu et me guide parfois encore en me disant : ben là tu sais, j’appellerais le medecin. ou tiens il faut appeler ce numero si l’alarme incendie se met en derangement etc…

en tout cas merci pour ton blog que je suis assidument! et merci mesdames et messieurs les AS!!!

4 | Ln

27 mai 2008 à 16 h 10 min

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Ouaw !! comme c’est bien dit !
Personne ne peut nier que le travail en collaboration est important et necessaire pour une meilleure prise en charge du patient. C’est un fait.
Mais depuis que je travaille seule (je suis libérale) je suis HEUREUSE et epanouie dans mon travail !!! Et oui ! pour rien au monde je ne retournerais travailler en service et bosser en binôme…
Des fois tu as la chance de travailler avec quelqu’un de compétent, et des fois tu n’as pas cette chance…et là tu pleures.
Parce que tu tombes sur des AS frustré(e)s de n’être que des AS, et pourtant, il n’y a pas de sot metier.
Parce que toi, tu es jeune et infirmière, et eux, vieux et QUE AS.
Mais c’est vrai quoi ??? Qu’est ce qu’on y peut ? Par contre, je tiens à remercier mes collegues AS qui font un travail formidable, qui aiment le faire et qui le font avec talent, presque mieux que moi ! (si ce n’est mieux ! allez c’est laché!)
Parce que, oui, il y en a !
Bonne continuation à tous.

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