- Bonjour Madame, je suis étudiant infirmier anesthésiste, je vais vous poser une perfusion! – Ah bon? mais vous n’êtes pas tout seul quand même, ce n’est pas votre première j’espère, je ne suis pas une cobaye!
Arf… bien sûr que si c’est ma première perf, j’étais fleuriste avant de commencer l’anesthésie…
J’ai débuté la spécialisation d’infirmier anesthésiste en octobre, après 4 ans de réa/réveil dans un CHU parisien. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout cette spécialisation (et ils sont trrrrrès nombreux, même parmis nos estimés collègues) et comme je n’ai pas envie de plagier, allez voir sur le sympathique Laryngophone, site d’un IADE (Infirmier Anesthésiste Diplômé d’Etat)
C’est passionnant, je m’éclate, j’ingurgite une quantité monumentale de posologies d’induction, d’entretien, de concentration alvéolaires minimales et autres joyeusetés, mais surtout une façon de voir les choses très différente. J’ai parfois l’impression de me retrouver en première année d’Institut de Formation en Soins Infirmier (IFSI), avec l’impression de porter des mouffles à chaque geste, l’impression aussi d’apprivoiser petit à petit un milieu hermétique et pour moi quasi hostile: LE BLOC.
Le plus difficile pour moi est de retrouver un statut d’étudiant. C’est très simple: vous bossez 4 ans dans un service très technique, où le turn over se situe aux alentours d’1 an 1/2. Vous êtes souvent le plus expérimenté, vous avez gagné la confiance des réanimateurs, vous l’ouvrez souvent, vous êtes un référent pour l’intégration et l’encadrement, et accessoirement vous êtes plutôt content de vous. Et puis tout d’un coup, vous pateaugez, vous vous rendez compte que vous ne savez finalement pas grand chose, qu’on ne pousse pas le Diprivan® « à l’arrache » mais qu’il existes des posologies
Bref, une remise en cause professionnelle globale, que j’apprécie au fond, mais qui n’est pas évidente tous les jours.










