Un infirmier…

28 sept 2009

Marketing et auscultation pubienne

Publié par: Thomas Dans: A l'hôpital

brudzinski Dans deux jours, je saurai si je rentre définitivement du côté obscur de la Force, si j’ai le droit de quitter ma tenue en papier qui gratte pour une tenue bleue en tissu avec des poches. Ou alors, dans deux jours, je ne me nourrirai plus que de BN, en regardant l’intégrale des Cités d’Or.

A part ça, les stages continuent. Comme je ne suis plus très motivé et qu’il faut bien tuer le temps, je lis. Seulement, il est absolument hors de question de potasser le moindre cours et que je n’ose toujours pas apporter ma fabuleuse collection de SAS au bloc, je dois donc me contenter de la bibliothèque du département d’anesthésie.

Je cherche des articles rigolos. Pas facile, entre Anesthetics Rapidly Promote Synaptogenesis during a Critical Period of Brain Development et Effects of Remifentanil on Convulsion Duration and Hemodynamic Responses During Electroconvulsive Therapy: A Double-Blind, Randomized Clinical Trial de trouver quelque chose de léger et rafraichissant.

Je suis donc particulièrement fier de vous présenter ici même le diagnostic de fracture diaphysaire de fémur par auscultation du pubis.

Comme la revue avait été méticuleusement surlignée par un interne en vue du staff du lendemain, je n’ai pas pu la piquer. Et vu l’œil torve de la secrétaire du département d’anesthésie devant ma tenue XXL en papier et mon badge fait main, j’ai prudemment évité toute tentative de photocopillage.

J’ai donc courageusement recherché sur google “auscultation pubis”. Oui, courageusement, puisqu’il faut d’abord se taper les 853 résultats à tendance SM Gore ou les forums des hypocondriaques avant de trouver quoi que ce soit de vaguement médical.

L’auscultation pubienne, donc. Il s’agit de compléter le diagnostic clinique de fracture de fémur par un examen simple, qui nécessite un stétho et un pubis. Le test consiste à placer la membrane du stéthoscope sur le pubis et de percuter chaque rotule avec les doigts. Le test est positif si à l’auscultation le bruit de conduction osseuse est abolie ou diminuée du côté touché par rapport au côté sain, négatif si l’auscultation est symétrique.

A priori, ça marche pas mal (sensibilité 82.7% / spécificité 87.7%). Ca marche aussi à travers plusieurs couches de vêtements. A travers un jean, je confirme, pouc, pouc, c’est symétrique, ça marche, mes fémurs pètent la forme.

Le titre de l’étude était “Diagnostic clinique des fractures du fémur, évaluation d’un test facile et méconnu”. Vous trouverez même ici le mémoire de DIU de médecine et secours en montagne de l’auteure principale. Bon. Caroline (vous permettez que je vous appelle Caroline?), le problème, ce n’est pas le test. Il est super ce test, vraiment. Mais s’il est décrit depuis 1846 et qu’il est si peu utilisé, c’est parce qu’il y a deux problèmes.

Premier problème: les gens, en particuliers les hommes, n’apprécient guère qu’on leur ausculte le pubis. C’est comme ça disons qu’on approche carrément de la zone de stress intense. Je suppose que c’est vous en photo page 6 de votre mémoire, en train d’écouter les rotules d’un pote. Je vous assure que derrière ses lunettes de soleil, il ne fait pas le malin.

Deuxième problème, probablement le plus important: Vos confrères, Caroline, aiment écrire des compte-rendus carrés, optimisés à fond depuis leurs années d’externat. Ils ont développé un langage bien à eux qui leur permet d’être reconnu à la première phrase. Rien ne doit dépasser, tout doit être lisse, propre et bien rangé, tout style personnel ou blagounette est interdit. Prenons un exemple. Parmi ces trois tests, seuls deux font partie des clichés médicaux pour un urgentiste: “Glasgow = 15”, “Apgar = 10”, “auscultation pubienne= OK”. Vous commencez à voir où je veux en venir? Vous sortez des clous, vous êtes source potentielle de sourire en coin, pas bon.

Donc Caroline, si vous voulez que votre test soit adopté par les urgentistes, une seul solution: lui trouver un nom. Au début, Brudzinski avait appelé son célèbre test de recherche d’un syndrome méningé “test-de-quand-le-gars-tu-lui-bascule-la-tête-en-avant, ben-les-jambes-se-plient.” Ca avait moyennement bien marché. Il a alors choisi de le baptiser de son propre nom, et là, bingo, tout le monde a repris. C’est du marketing médical, il faut que ça fasse sérieux. Choisissez donc un nom facile, ou encore mieux, un acronyme incompréhensible, du genre BPAT (Bi Patellar Auscultation Test). Là, c’est la gloire assurée, au milieu de SCA ST+ , ACSOS et HBPM.

La prochaine fois (dans 6 mois, dans un an?) j’évoquerai la douce poésie des métaphores médicales. Ou tout à fait autre chose.

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11 août 2009

Changement d’air

Publié par: Thomas Dans: Général| Rapatriement

Juste un petit billet à demi-vie courte.

J’ai changé le design du blog. L’ancien thème devenait trop lourd et peu adapté aux mises à jour de Wordpress. On verra si je rechange ou pas. Je n’ai pas touché à grand chose, juste un peu de nettoyage.

Si vous observez des choses étranges, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message!

[edit] Ceux qui lisent ce blog via Iphone, android ou autre, vous avez désormais une page adaptée.

Pour la peine, une petite photo d’Osaka, prise lors d’un rapat’ la semaine dernière.

IMG_0073

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05 août 2009

Joe le stagiaire et Francky

Publié par: Thomas Dans: A l'hôpital

14491 Je ne sais pas comment j’ai pu devenir infirmier.

Je suis arrivé là après avoir fait du droit. Et du mime. Oui, c’est la magie de la fac. Je ne savais pas ce que je voulais faire mais je rigolais bien. J’ai probablement perdu quelques neurones et un chouilla de fonction hépatique dans l’affaire, mais ça valait sacrément le coup.

Et puis je suis arrivé dans un Institut de formation, en plein cœur d’un hôpital très gai dédié à la rééducation. Passage d’un amphi de 800 personnes à une promo de 80. Avec les premiers jours notre prénom inscrit sur une feuille A4 pliée en deux. “Je m’appelle Thomas, je veux devenir infirmier parce que… parce qu’euhhhhhhhh… Je m’appelle Thomas.”

Je me souviens encore du premier cours. J’ai appris que l’homme était un être “Bio-Psycho-Socio-Culturel”. Bon.

Deuxième cours, les “besoins fondamentaux” de Virginia Henderson. Mouais. La dévotion totale pour ce concept m’a toujours un peu gonflé. Alors que Florence Nightingale, ça c’était de l’infirmière. En plus elle a son nom sur toute une flotte d’avions de l’US Army. Je sais, ce n’est pas l’argument du siècle, mais quand même.

Puis est arrivé le premier stage, la première tunique col mao, le premier paquet de clope dans la tunique. Et le premier stylo quatre-couleurs, Adam, digne ancêtre d’une lignée d’environ 4236 quatre-couleurs.

Le premier stage a été le plus miteux. Long séjour dans un hôpital merdique. “Long séjour.” Encore un terme à mettre dans la liste dégoulinante et sirupeuse du politiquement correct médical avec “non-voyant” et “sénior”. Paraîtrait qu’il a été rénové depuis, mais même pour deux fois le salaire habituel je n’y remettrai pas les pieds. Pour trois fois, oui, quand même. Un hôpital pourri, donc, avec des gens méchants dedans. Avec comme prénom, au choix, “le stagiaire”, “le stagiaiwe” ou Joe, l’équipe ayant décrété que je ressemblais vaguement à Joe Dassin. Connasses.

Donc 10 toilettes-complètes-au-lit (toilettes de séniors, souvent non-voyant et non-comprenant). Pas d’encadrement, pas de pauses, ou alors en cachette. Un référent, quand même: Roger, petit coq de basse-cour, sorte de sous-Francky Vincent, avec la moustache et les bagouzes. Je l’ai détesté à la première seconde. Il me l’a rendu au centuple. D’abord parce que je sais pas faire les lits au carré.
Bon, que j’explique aux âmes pures lectrices de ce billet, qui ont un métier normal: Le lit au carré, c’est la base. Faire un lit à deux, c’est une espèce de chorégraphie muette névrotique. Deux soignants face à face, en synchronisation totale. Normalement c’est le moment où l’on demande à l’autre qui couche avec qui dans le service. Mais là, non, personne ne parlait à Joe le stagiaire. Et moi, je n’étais jamais synchro. J’avais retenu à peu près le principe, mais pour une raison étrange, je n’étais capable de faire les coins au carré qu’en me mettant du côté droit du lit. Ce qui m’imposait une stratégie de positionnement très évoluée, qui consistait essentiellement à me précipiter du bon côté dès l’ouverture de la porte.

Les poubelles étaient des corbeilles à papier de bureau, qui débordaient de merde. Pas grave, “les microbes ne volent pas”, me disait Roger-Francky, avec une ton me donnant envie de l’étrangler doucement avec sa chaine en or Dolce Gabbana tout en lui pétant méthodiquement les dents avec ses bagues. Après quoi, il partait déguiser ceux qui pouvaient encore marcher avant le déjeuner, couettes pour les vieilles, casquette à l’envers pour les vieux. Ha-Ha-Ha. Pendant ce temps, je donnais à manger une mixture prévomie relevée au Rivotril à des déments en position fœtale, les rares fruits ou gâteaux étant piqués par le personnel, “pour éviter les fausses routes”.

Finalement, je ne lui ai rien fait bouffer, à Roger, il m’a juste dit que je n’étais pas du tout fait pour être infirmier et que je ferais mieux d’arrêter tout de suite. J’ai failli l’écouter. Mais arrêter des études à cause de Franky Vincent, c’est dur pour l’égo. J’ai continué.

Le deuxième stage consistait essentiellement à rouler des pétards pour des tétraplégiques. Ca c’est beaucoup mieux passé.

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28 juil 2009

Mon métier va disparaître (et c’est bien dommage)

Publié par: Thomas Dans: Général

c3po Si on considère que mon métier consiste à vérifier du matériel et à remplir des seringues, je suis foutu. Et comme la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation considère que c’est l’essentiel de mon métier, je suis foutu.

Parce que d’une, le matériel se vérifie tout seul, merci, et il le fait beaucoup mieux que moi. Il y même des bidules qui poussent le vice jusqu’à détecter leur propre péremption: “Ah non-non-non, je démarre pas. j’avais dit 100 utilisations, ça fait 101, non-non-non.” Alors bien sûr il reste du matos un peu débile, même pas foutu de savoir si oui ou non il fonctionne correctement, mais ça devient rare au bloc. La plupart chantonnent plus ou moins gaiement selon leur humeur et leur état. 

Alors il me restait les seringues. Avec comme activité centrale, prélever des litres de Propofol, le médicament-tueur-de-chanteurs. Et là, le coup de grâce. Un robot, un moche robot en plus, qui prépare les seringues tout seul. Et qui, tout fier, les envoie par pneumatique au service concerné.

Je vous laisse admirer la bestiole et ses mouvements si gracieux ICI.

Alors, forcément, il prend un peu de place. Beaucoup, même. Il travaille dans une espèce de cabine téléphonique qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler certaines salles de détentes hospitalières. En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il ressemble comme deux gouttes de sérum phy au robot peintre des usines de voitures. Il y ressemble tellement que ça en devient louche. Vous allez me dire que je suis jaloux, mais quand même. En plus, il met des plombes pour remplir une pauvre seringue, probablement autant que pour peindre une Twingo. Alors que moi clac, glou-glou, c’est fait. Mais je bois des litres de café et je fais des pauses. Lui, il ne se plaint jamais et ne pique pas Closer aux panseuses.

Mouais. Je vais vous en sortir, moi, du robot pas cher, du droïde d’anesthésie avec juste 3 phrases-type*:

Phrase de bienvenue : Vous êtes bien à jeun? Rien-bu-rien-mangé-rien-fumé? ouvrez grand la bouche…Mmmmhh…”
Phrase d’induction:Gonflez bien les poumoooooons, pensez à quelque chose d’agréaaaaaaable…
Phrase de réveil: “C’est fini, c’est fini, tout va bien, c’est fini, tout va bien, c’est fini, on va vous enlever le tuyau qui vous gêne”

Le modèle prémium aurait une option supplémentaire spéciale fin d’après-midi, contexte: programme merdique – anesthésiste merdique:

Phrase de bienvenue n°1: “C’est elle la vulvoplastie? Ah merde, elle a pas de menton et elle est… Vous pesez combien Madame? Non, mais pour de vrai?”
Phrase d’induction: “Oh Martine, tu peux rappeler le chir et lui dire qu’on a commencé? Quel connard celui-là… Elle dort, là? Non? Ah bon.”
Phrase de réveil: “OUVREZ LES YEUX! Respirez, mais RESPIREZ! Non, ne BOUGEZ PAS! Non, c’est MOI qui l’enlève le tuyau!”

*Phrases parfaitement authentiques, bien entendu, ce sera précisé sur la notice.

Pour revenir à notre robot d’origine, je ne vais pas disparaitre tout à fait. Déjà parce que je me suis dégotté un autre boulot où je suis payé pour écrire, et d’autre part, parce que je considère que mon métier c’est autre chose que de remplir des seringues. C’est aussi remplir des tiroirs.

Bon oui, je suis un peu aigri. Ce doit être le temps, il fait trop beau pour être éclairé au néon.

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10 juil 2009

Mi-madeleine, mi-lézard

Publié par: Thomas Dans: Général

untitled Je suis mi madeleine, mi-lézard. Ne rigolez pas, c’est très fatiguant, et ça suscite pas mal d’incompréhension autour de moi.

Je pleure devant ET, je suis même capable d’avoir les yeux humides devant à peu près n’importe quoi. “Votre mari est mort, Miss Smith.” Pouf, madeleine.

Et je reste tout froid à l’intérieur au travail. “Votre mari est mort, Madame Pichon” Pfuit, lézard. “Oh, Thomas, y’a un mec devant toi, il est mort, il est MORT! hou hou!” me hurle la madeleine. Mais le lézard est plus fort, il a la dalle et se demande si ces prochains Divx sont arrivés sur son ordi. Divx qui font pour certains faire pleurer la madeleine, allez comprendre.

A début je croyais que c’était une histoire de nom de famille, que Smith avait un potentiel plus lacrymal que Pichon, mais je ne suis pas sûr.

C’est peut-être à cause de la musique.

  • Vrai vie ==> pas de musique de fond ==> lézard.
  • Fiction ==> violons ==> madeleine.

Pour objectiver tout ça, on pourrait imaginer un truc dans le style: Randomised double-blind comparison of sad music versus “petit bonhomme en mousse” on “Madeleine syndrom”

“Attendez Madame Pichon, n’entrez pas, je vais chercher un CD, je vous raconterai tout après.”

Sérieusement, c’est angoissant. Je sais que je devrais ressentir quelque chose, hein, je suis un lézard bien élevé. En même temps, j’ai tellement galéré pour contrôler mes émotions dans les situations d’urgence et ne plus trembloter en préparant une seringue d’adrénaline que j’applique le même “lézard-style” aux situations ou l’urgence n’est plus du tout, du tout urgente.

Alors bien sûr, le lézard ne ressent pas grand chose, mais il n’est pas con. Du coup, il tente de donner le change, avec des tas de phrases, ou au contraire des tas de silences. Souvent, le lézard est assez fier de lui, parce qu’il trouve qu’il parle super bien aux gens. Après quoi, il se rend compte qu’il s’est contenté de s’écouter parler, sans vraiment s’assurer qu’il n’était pas totalement à côté de la plaque.

Et puis parfois, comme ça, la madeleine revient en force, de préférence vers  trois heures du matin. Et comme elle est restée planquée des heures et des heures, ben elle se venge.

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26 juin 2009

Moi, au moins, je suis vivant.

Publié par: Thomas Dans: Général

url Contrairement à Michael Jackson et à Farah Fawcett, je ne suis pas mort.

Seulement je glande un peu, et ça fait du bien. J’ai jeté deux tonnes de cours, oublié mon agenda quelque part et je fais la sieste en stage, en attendant de mettre des tuyaux dans des gens sur le bord de la route. La belle vie, quoi.

Merci pour vos commentaires, ça fait bien plaisir, et promis je reviens, dès que j’arrive à finir un brouillon, au lieu de trainer sur youtube pendant 3 heures avec des biscuits apéro.

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11 mai 2009

Et j’ai noté dans mon carnet à spirales

Publié par: Thomas Dans: Général

Devant le bloc: “Alors, le code du vestiaire c’est A8924, le bureau des IADE, c’est 8254B. Tu as une carte pour le distributeur de tenues, il faut composer le 2542 puis dièse. Tu arrives à 6h57 et tu pars à 14h36.”

Devant la salle 9: “Quand le patient arrive, c’est 2 perf, une artère, induction Suf’ / Diprivan en AIVOC, pour le sufenta tu n’oublies pas de monter la cible avant la sterno, vers 0.5. Moi je purge la ligne d’artère, mais d’autres ne la purgent qu’au dernier moment, mais bon, je vois pas trop l’intérêt, hein.  Ensuite on met une Swan avec la SvO2, c’est celle qui a la manchette jaune. Pas la bleue, hein, la jaune. Tu calibres comme ça: bip, biiiiip, bip bip, puis tu valides comme ça: bip.”

Devant le planning: “lui, il est sympa. Lui, c’est un gros gros con. Lui il a l’air sympa, mais en fait c’est un gros con. Elle, elle est odieuse mais en fait elle est sympa.”

Devant le téléphone: “Pour biper, c’est 59, tu attends 2 sonneries, ensuite 596847#, une sonnerie, numéro de bip, tu entends la voix qui te dit: “enregistré”, tu raccroches. Pour appeler en cardio, c’est 22653, 22654 ou 22655, mais elles ne répondent jamais dans les étages.”

Devant la machine à café: “C’est Robert qui s’occupe des commandes des capsules, le marron est un peu fort, le vert foncé est très très bon, le bleu c’est le déca, le rouge c’est de la merde, mais tu fais comme tu veux, il faut donner ta commande le 5 du mois, sinon tant pis.”

Nouveau stage. Ouaip. J’en ai marre, là.

La vidéo ci-dessous représente avec la plus grande rigueur scientifique mes capacités cognitives après deux heures de ce traitement.

 

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23 avr 2009

Le ridicule ne tue pas, mais il peut endormir.

Publié par: Thomas Dans: A l'hôpital

J’ai un peu de mal à écrire de bonnes grosses histoires, avec tout plein de paragraphes. Ou plutôt si, j’ai pas mal d’histoires en cours d’écriture, mais qui ne résistent pas à la relecture du lendemain.

Alors, contrairement à d’autres blogs qui glandent, j’assume et j’écris des trucs faciles.

C’est pour une bonne cause, quand même, parce que j’ai probablement découvert le dispositif médical le plus pervers du monde merveilleux de l’anesthésie pédiatrique.

Schématiquement, endormir un enfant qui a suffisamment de connexions neuronales pour avoir peur, ça passe ou ça casse.

ça passe: “Coucou Matheo! alors, on t’as tout bien expliqué? Tu vas respirer fort fort fort dans le masque, et tu vas t’endormir tout doucement. On chante? “

ça casse:Mamaaaaa coucou! aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa Bon… aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa Allez, balance les gaz… aaaaaaaaaaammmmmmfffffffffffffffffffff……………………….”

Un médecin qui en avait probablement marre de plaquer le masque sur des dizaines d’équivalents US de Enzo-Lucas-Mathis-Emma-Lea-Clara, a décidé de créer un casque à abrutir les mômes en douceur.

distractor Ce système, d’un design probablement très tendance dans les premiers Star Trek, se propose de tromper la vigilance des nains braillards avec ce qui semble être une vieille Game Boy, un casque, et surtout avec un système d’inhalation de protoxyde d’azote. L’objectif étant de bien ramollir avant l’induction avec un gaz gentil, avant de passer au gaz méchant qui sent mauvais.

Oubliés, donc, le gant-bonhomme, les électrodes-oreilles magiques, le grand cerf dans sa maison, la lumière-magique-au-bout-du-doigt, tout ça c’est ringard, dépassé, l’avenir est à la méthode dite “du furet” avec plein de nouvelles technologies dedans.

Eh ben docteur, ton casque il est tout moche, et si je retourne un jour en pédiatrie je continuerai à dessiner des bonhommes sur des gants.

Source (quand même): http://www.pedisedate.com/Home.html

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06 avr 2009

Alpinisme et sadomasochisme

Publié par: Thomas Dans: Général

everest Aujourd’hui, je vais faire mon Lawrence Passmore et vous parler d’un article paru dans le New England Journal of Medicine. Le NEJM, quoi.

Ouais, je lis le NEJM. Enfin, je lis Yahoo santé, qui quelque fois cite le NEJM entre deux articles sur le diabète et l’obésité. Après je lis l’abstract et je m’arrange pour le citer dans les dîners semi-mondains. Mais là, j’ai tout bien lu.

Une équipe médicale a mesuré avec précision le degré d’hypoxie des alpinistes qui grimpent l’Everest. Des gaz du sang en air ambiant, bien sûr, sinon c’est pas rigolo.

A 8400 mètres, la PaO2 moyenne des grimpeurs était de 24,6 mmHg. Un des quatre avait 19,1 mmHg. Pour ceux à qui ça ne dit rien, c’est bas. C’est même super, super bas.

J’ai donc appris deux choses:

  • 24 mmHg de PaO2, c’est finalement pas si mal. En tout cas c’est ce que répondrai à l’anesthésiste stressé qui veux absolument que je réussisse à ventiler le gros monsieur avec une barbe.
  • Il y a des gens qui, après avoir grimpé 8400 mètres par -40°C, acceptent de se faire ponctionner l’artère fémorale par des gens largement aussi anoxiés qu’eux. Ce qui suppose un sens du sacrifice très développé, ou une volonté farouche d’avoir son nom dans le NEJM.

PS: La capacité de réussir sa ponction était un critère d’évaluation des capacités cognitives. Tout comme la capacité de parler à la radio sans trop raconter n’importe quoi…

PS2: Le monsieur qui avait 19 mmHg de PaO2 va bien, il vous embrasse.

L’article ICI

Photo: http://www.everestnews.com/

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04 avr 2009

Pfffffffff…

Publié par: Thomas Dans: Général

Bon ben voilà, ça devait arriver un jour…

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